Figures de l’excès : esthétique et mémoire dans le cinéma d’Alex de la Iglesia

Du
Jeudi, 22. octobre 2026 - 18:00 - Vendredi, 23. octobre 2026 - 17:45
Montpellier

Changement de lieu: Médiathèque Emile Zola, salle Cinéma Mezzanine

 

Journée d’études organisée par Olivier Gutierrez et Pietsie Feenstra,
Programme EMET: Ecrans Mémoires Espaces Transitoires
Avec le soutien de David Roche, l’Institut Universitaire de France

 

FIGURES DE L'EXCÈS : ESTHÉTIQUE ET MÉMOIRE DANS LE CINÉMA D’ÁLEX DE LA IGLESIA

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Depuis ses débuts fracassants avec Acción Mutante (1993), le cinéaste basque Álex de la Iglesia s'est imposé comme l'une des voix les plus singulières et les plus déroutantes du cinéma espagnol et européen contemporain. Inclassable, son œuvre résiste avec une obstination jubilatoire à toute tentative de catégorisation : elle emprunte aux genres sans jamais s'y soumettre, convoque les marges sans jamais les fétichiser, et fait du débordement — thématique, stylistique, narratif — son principe esthétique fondamental.

Cette journée d'études se propose d'explorer la cohérence paradoxale d'une filmographie qui se construit précisément sur l'hétérogénéité. De la comédie noire au film d'horreur, du western urbain au mélodrame grotesque, en passant par la farce sociale et le film de genre démembré, de la Iglesia orchestre des collisions génériques qui ne relèvent pas du simple jeu de citations postmodernes, mais d'une vision du monde profondément baroque. Une vision où le rire et l'effroi, le sacré et le trivial, le populaire et le savant coexistent dans un état de tension permanente et féconde.

L'œuvre sera ainsi interrogée à travers plusieurs axes complémentaires. Son rapport à l'Espagne d'abord : comment ses films, de El Día de la Bestia (1995) à Balada Triste de trompeta (2010), travaillent-ils la mémoire historique et la Transition démocratique à travers le prisme du grotesque et du carnavalesque ? Comment la monstruosité des corps et des décors dit-elle quelque chose de la monstruosité de l'histoire espagnole ? Son rapport aux genres populaires : en quoi de la Iglesia opère-t-il une véritable archéologie du cinéma de genre — horreur, comédie, polar, fantastique — pour en révéler les structures profondes et les potentialités subversives, plutôt que d'en reproduire simplement les codes ? Son rapport au spectateur, enfin : quel pacte affectif singulier ce cinéma noue-t-il avec son public, en sollicitant simultanément le rire, la nausée, l'empathie et le vertige ?

En réunissant des chercheurs issus des études cinématographiques, des études hispaniques, de la théorie des genres et de l'esthétique, cette journée entend montrer que l'hybridité revendiquée par Álex de la Iglesia n'est pas une faiblesse critique, mais bien sa force analytique : elle constitue un laboratoire idéal pour repenser les frontières entre cinéma d'auteur et cinéma populaire, entre culture légitime et culture de masse, entre engagement politique et délire fictionnel.

 

Cette journée d’études du vendredi 23 octobre est organisée par le programme EMET (Ecrans, Mémoires, Espaces, Transitoires), responsable, Pietsie Feenstra, Professeure des universités en études cinématographiques et audiovisuelles. Ce programme a choisi de polariser sa réflexion sur l’écriture de l’histoire du cinéma et de l’audiovisuel, contextualisée et spatialisée. EMET est structuré en quatre pôles (archives, institutions, les lieux de mémoires, les circulations transnationales). Dans ce programme, un rendez-vous annuel, sous la forme d'une journée d'études ou d'une rencontre-masterclass, intitulé CINE, Cinéma Ibérique et Nouvelles Écritures, propose un focus sur une autrice ou un auteur hispanique contemporain. Pour 2026, le cycle s'ouvre avec un cinéaste singulier et incontournable : Álex de la Iglesia.

CINE : Cinéma Ibérique : Nouvelles Écritures, CINE-EMET, coordination Pietsie Feenstra et Olivier Gutierrez. Ces journées d'études et ces rencontres seront l'occasion d'analyser le renouvellement des formes dans les créations hispaniques et d'explorer les écritures cinématographiques contemporaines. Elles dialogueront avec d'autres institutions européennes (festivals, cinémathèques, etc) pour élargir l'horizon des recherches au sein du programme. Ce sera également l'occasion de découvrir des films rares ou inédits, en amont de la journée d’études, avec une projection au cinéma Utopia qui illustrera l'œuvre du/de la cinéaste invité-e.

 

Jeudi 22 Octobre
Cinéma Utopia, Montpellier

18H00:

Projection de Muertos de risa (Mort de rire), 1999, Álex de la Iglesia,
Présentation Olivier Gutierrez, UMPV, RIRRA21

Téléchargez le programme de la journée d'études ICI
Dernière mise à jour : 16/10/2026